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À Bamako pour la dernière conférence de suivi du processus « Ensemble pour le renouveau du Mali »

Annick Girardin est au Mali du 16 au 18 février pour la cinquième et dernière réunion de suivi de la conférence de Bruxelles pour la reconstruction, « Ensemble pour le renouveau du Mali ». À Bamako, la secrétaire d’État a été reçue par le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta. Elle a rencontré également des représentants de la société civile, des jeunes bénéficiaires du projet d’appui à l’insertion professionnelle ainsi que d’anciens boursiers du gouvernement français.

A l’occasion de la conférence, qu’elle a présidé conjointement avec le Premier ministre malien Modibo Keïta et le commissaire européen Christos Stylianides, Annick Girardin a signé les conventions permettant le financement par l’agence française de développement du programme d’appui au développement social et sanitaire dans la région de Mopti et du projet d’appui au développement des territoires ruraux des régions de Ségou et de Tombouctou, pour un montant total de 40 millions d’euros.

Dans le discours d’ouverture de la réunion, la secrétaire d’État a rappelé les progrès accomplis depuis la conférence de lancement du 15 mai 2013, qui avait permis de réunir près de 3,3 milliards d’euros pour soutenir le développement du pays.

 
            Monsieur le Premier ministre,
            Mesdames et Messieurs les Ministres,
            Monsieur le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU,
            Monsieur le Commissaire européen,
            Mesdames, Messieurs,
 
Je tiens en premier lieu à vous remercier, Monsieur le Premier ministre, et à travers vous, tout le Mali, qui nous accueillez aujourd’hui chaleureusement pour cette nouvelle conférence de suivi du processus lancé à Bruxelles il y a maintenant presque deux ans.
Je salue également les représentants des partenaires du développement du Mali, les États et les institutions internationales qui s’investissent à vos côtés tout particulièrement depuis deux ans, de même que les représentants des collectivités territoriales, de la société civile et du secteur privé ici présents, qui jouent un rôle essentiel pour le relèvement du Mali. Votre participation nombreuse aujourd’hui montre que nous restons tous mobilisés pour accompagner le Mali et je m’en félicite.
Que de chemin parcouru depuis deux ans ! Et en même temps, que de défis encore à relever pour consolider la marche de votre pays sur le chemin de la paix, de la stabilisation et du redressement !
 
Politique
 
D’abord, depuis les élections de 2013, la démocratie se renforce au Mali, et nous nous en réjouissons, même si nous savons qu’il s’agit là d’un long chemin.
Depuis le début de l’année, un nouveau gouvernement est au travail sous votre autorité, Monsieur le Premier ministre, pour poursuivre les réformes engagées depuis 2013. Nous ne pouvons que nous réjouir des trois priorités que vous avez choisies – la sécurité des personnes et des biens, le développement économique et social, la justice – et des moyens mis en avant pour atteindre ces objectifs : plus de décentralisation, plus d’écoute de la population notamment en matière de développement local, de meilleures capacités de mise en œuvre. Il s’agit là de questions essentielles sur lesquelles la conférence d’aujourd’hui doit se pencher précisément : comment organiser notre travail pour permettre une plus grande implication de la population et un renforcement de la dimension locale des projets ? Cette question sera au cœur de nos travaux.
Cette dimension locale du développement, dans un cadre coordonné par le gouvernement, est essentielle à la pérennité des projets et à la consolidation durable du vivre-ensemble, et donc de la paix. C’est particulièrement important dans la perspective de l’accord de paix dont le Mali a besoin et que la communauté internationale espère ardemment.
 
Alors que les discussions viennent de reprendre à Alger, il est crucial qu’une confiance mutuelle s’instaure entre les parties. Pour cela, il importe que tous les actes de violences et les provocations cessent sur le terrain, quels qu’en soient les acteurs et les initiateurs. La France appelle l’ensemble des parties à prendre leurs responsabilités. Notre réunion d’aujourd’hui, qui porte sur nos coopérations pour un développement équilibré du pays, est en soi un encouragement aux parties, pour qu’elles choisissent résolument la voie de la paix et du développement en concluant ces négociations.
 
Ce choix de la paix, sans laquelle aucun développement n’est possible, c’est d’abord aux Maliens de le faire.
 
La communauté internationale ne pourra venir qu’en accompagnement du futur accord. Elle y est prête. L’enjeu sera de consolider le futur accord de manière à ce que la population perçoive concrètement les dividendes de la paix.     
 
Mise en œuvre des engagements pris à Bruxelles
 
L’objet de cette nouvelle conférence de suivi, qui devrait être la dernière dans son format actuel, est d’abord de dresser un nouveau bilan :
  •  d’une part de la mise en œuvre des actions prévues dans le Plan pour la Relance Durable du Mali, engagé en 2013 ; et
  • d’autre part de faire un nouveau point de la mise en œuvre des engagements des quelque 55 bailleurs bilatéraux et multilatéraux qui appuient, depuis deux ans, le processus de stabilisation et de redressement du pays, pour un montant global de plus de 3 milliards d’euros.
La France, pour sa part, avait promis à Bruxelles un appui sur deux ans de 280 millions d’euros. Elle a tenu et même dépassé son engagement. Fin 2014, c’est un total de 310 millions d’euros que la France aura engagé en faveur du Mali, à travers de l’aide-projets dans tous les secteurs de la vie économique et sociale, notamment via l’Agence française de développement, mais aussi à travers des appuis sous forme d’aide budgétaire, notamment à la faveur du déblocage de la situation avec le FMI à la fin de l’année dernière.
 
Aujourd’hui même, je lancerai deux projets importants concernant, d’une part, un prêt de 27 millions d’euros en faveur du développement des territoires ruraux des régions de Ségou et de Tombouctou  et, d’autre part, un projet de 13 millions d’euros dans le cadre du Programme d’appui au développement social et sanitaire dans la région de Mopti.
Comme je l’ai dit à Paris en septembre dernier, cet exercice n’est pas un exercice économique et financier comme n’importe quel autre. Il  avait l’ambition d’initier une nouvelle méthode entre les bailleurs et les autorités maliennes. Une méthode fondée sur un contrat, selon lequel financements et réformes doivent aller de pair. Une méthode impliquant un suivi régulier et un dialogue franc et sincère.
C’est pourquoi je mentionnerai ici rapidement les secteurs où il importe de saluer les efforts engagés par les autorités maliennes, mais aussi les attentes de la communauté internationale. Il s’agit :
  • de la poursuite de la réforme des finances publiques et de la justice
  • de l’avancement du processus de décentralisation,
  • de la priorité aux secteurs sociaux de base, notamment à destination des plus vulnérables sur toute l’étendue du territoire
  • ou encore de l’amélioration du climat des affaires – car le secteur privé, en créant des emplois décents, est la clé d’un développement économique et social durable.
Les partenaires internationaux, pour leur part, au-delà du respect de leurs engagements  financiers, attachent la plus grande importance à ce que leur aide soit délivrée en toute transparence, selon une approche contractuelle. Parmi ces partenaires, je souhaite mentionner les Nations unies, qui fixent le cadre de nos actions à tous. Je salue plus particulièrement l’engagement de la MINUSMA et le courage de celles et ceux qui se dévouent à la mission qui lui a été confiée.
Je souhaite saluer également l’engagement de la Commission européenne, avec laquelle nous co-organisons, depuis deux ans, le suivi du processus initié à Bruxelles. L’Union européenne demeure un acteur de premier plan dans le règlement de la crise malienne, que ce soit sur le plan de l’aide humanitaire et du développement ou en matière de réforme du secteur de la sécurité. La France est fière d’être, en plus de son action à titre bilatéral, le deuxième contributeur des actions de l’UE.
 
Organiser un suivi opérationnel après cette dernière conférence
 
Je l’ai dit, notre réunion est aujourd’hui la dernière dans son format actuel. Beaucoup a été fait, beaucoup reste encore à faire. Nous devons donc réfléchir ensemble à la formule de suivi la plus adéquate, en capitalisant sur l’existant et sur ce qui a bien fonctionné,  pour permettre la meilleure affectation de l’aide dans les mois et les années qui viennent.
Pour cela, il nous semblerait utile de systématiser le recensement, secteur par secteur, de l’avancement des réformes du côté malien et des soutiens des partenaires techniques et financiers, en identifiant dans chaque secteur :
  • les cadres les plus à même de garantir l’efficacité de l’aide,
  • les projets prioritaires à mener, et
  • les exercices à organiser dans les prochains mois pour identifier précisément qui doit faire quoi et avec quels moyens. A cet égard, la stratégie commune d’assistance au pays en cours de finalisation, dite SCAP II, nous semble offrir des mécanismes de suivi intéressants, dès lors qu’ils s’appuieront sur un dialogue permanent entre autorités nationales et partenaires techniques et financiers.
Pour résumer, l’enjeu principal de cette conférence est de transformer l’essai de l’exercice lancé il y a deux ans à Bruxelles pour accompagner le Mali sur le chemin de la stabilisation et du redressement. Le processus de Bruxelles a donné de bons résultats et il importe aujourd’hui de se concentrer sur la question de l’efficacité. La question doit moins être : « combien » mais plutôt : « comment ». Non plus faire des annonces nouvelles, mais nous organiser pour que  les appuis annoncés soient utilisés selon les meilleures pratiques, en lien direct avec les priorités des autorités maliennes et permettent, ainsi, de pérenniser le renouveau du Mali.
 
Je souhaite un plein succès à vos travaux et me réjouis de vous retrouver cet après-midi.

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