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Archive journalière du 21 mai 2014

Discours d’ouverture au Colloque «Travailleurs et soldats, hommes des colonies dans la Grande Guerre»

Le 12 juin 1917, à Leuilly-sous-Couy dans l'Aisne.  Photographe : Marcel Lorée © ECPAD

Le 12 juin 1917, à Leuilly-sous-Couy dans l’Aisne.
Photographe : Marcel Lorée © ECPAD

Chers Étudiants,

Je suis heureuse de vous accueillir aujourd’hui au ministère des affaires étrangères et du développement international pour l’ouverture de ce Colloque consacré aux «Travailleurs et soldats, hommes des colonies dans la Grande Guerre».

Je tiens à remercier et à saluer la mission du Centenaire de la Première Guerre mondiale, l’université Paris I – Panthéon-Sorbonne, l’Institut des études sur la guerre en partenariat avec le ministère de la défense pour leur participation à ce colloque international de haut niveau. C’est le premier colloque à remettre en perspective la participation des populations d’Afrique ou d’Asie directement impliquées par les pouvoirs coloniaux.

Dans son poème liminaire au recueil Hosties Noires, en 1948, Léopold Sédar Senghor, s’adressant aux tirailleurs sénégalais, leur disait : «Je ne laisserai pas la parole aux ministres, et pas aux généraux. Je ne laisserai pas – non ! – les louanges de mépris vous enterrer furtivement.»

Ironie du sort, c’est à moi, aujourd’hui, en qualité de ministre, que revient la lourde responsabilité d’ouvrir vos débats.

La meilleure façon d’éviter les «louanges de mépris» dont parlait Senghor, c’est justement de pouvoir analyser, comprendre, relater de la façon la plus historiquement fidèle, la manière dont ces millions d’hommes ont ainsi été requis, déplacés, souvent de force, utilisés pour alimenter l’effort de guerre.

La connaissance la plus juste est aussi un hommage. Nous devons comprendre pourquoi cette première guerre globalisée est le moment que les historiens ont choisi pour faire démarrer le XXème siècle. Car malgré l’horreur du conflit, l’hypocrisie des réquisitions, le sacrifice de millions d’hommes, cette première guerre mondiale, multi-ethnique, multi-nationale, porte en elle notre propre modernité mondialisée, interconnectée, interdépendante.

En tant que secrétaire d’État au développement et à la francophonie, je suis le premier témoin de la puissance du lien qui existe toujours entre la France, ex-puissance coloniale, et les anciennes colonies françaises. Je sais combien, malgré les cicatrices du passé, et malgré les nouveaux équilibres du monde, les relations culturelles, linguistiques ou économiques sont toujours fortes. Mais je suis aussi témoin et acteur de leur évolution, de la subordination à la coopération, et de la coopération au partenariat d’égal à égal. C’est l’ambition qui habite aujourd’hui notre politique étrangère et notre politique de solidarité internationale.

C’est de cette ambition que nous tirons nos projets de développement, des projets qui ont aussi comme finalité de prévenir les conflits. Certes, le développement ne saurait être une condition suffisante pour la paix mais c’est une condition nécessaire. La France y contribue au travers des très nombreux projets qu’elle soutient. Les défis sont encore immenses.

Ensemble, travaillons au développement d’un monde durable, un monde plus humain, un monde en paix.




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